Les voleurs de vélos ne seront pas filmés

Le Régional N°893 – 21 mars 2018

Commentaire

Après la lecture de cet article, il m’a semblé nécessaire de donner un complément d’information tel qu’il a été transmis au Conseil communal et non relaté dans cet article. La raison principale du renoncement (temporaire ou non) à l’installation d’un dispositif de vidéosurveillance est le trop faible rapport « efficacité/coût » d’une telle démarche. La Municipalité a effectué une étude des différentes variantes. Une vidéosurveillance dans le périmètre de la gare CFF ne permet pas de couvrir l’ensemble de la Place de la Gare, idem pour une vidéosurveillance du domaine public, qui serait également limitée. Une bonne couverture des zones les plus à risque nécessiterait l’installation des deux variantes simultanément. La Municipalité a également étudié la solution de rondes nocturnes d’agents de sécurité privés, qui présente l’avantage de la mobilité et dans certains cas de la prévention. Au vu du nombre de cas de vol assez limité et du déplacement irrégulier des phénomènes d’insécurité, l’exécutif a décidé de renoncer, compte tenu aussi du fait que la place allait prochainement faire l’objet d’une mutation.

J’en profite pour mentionner le fait que mon étude sur les questions de surveillance par caméras vidéos m’a fait découvrir plusieurs rapports, anciens et récents, qui démontrent que la vidéosurveillance, si elle ne prévoit pas du personnel pour une observation permanente, n’est absolument pas efficace, tant du point de vue des besoins de l’enquête que du point de vue dissuasif. Elle sert généralement à légitimer l’autorité politique, qui ne peut dès lors plus être accusée de ne rien faire. En revanche, filmer des accès, passages obligés (entrées / sorties de parking, de déchetterie, de garage, etc.) est une opération plus efficace, notamment pour identifier un suspect grâce à une plaque minéralogique (qui n’existe pas pour les vols de vélos) et des heures de passage. Mon service est justement en train d’étudier la question d’une vidéosurveillance des éco-points les plus problématiques.